PARTIE 1 – Je pensais assister à un mariage ordinaire jusqu’au moment où j’ai reconnu autour du cou de la mariée le cadeau de ma mère

J'avais toujours pensé qu'un vol commençait par une porte forcée.

Un tiroir ouvert.

Une serrure abîmée.

Je n'avais jamais imaginé qu'on pouvait me voler quelque chose et me demander ensuite de sourire en regardant une autre femme le porter.

Pourtant, c'est exactement ce qui m'était arrivé.

Je m'appelais Gao Mengjie.

J'étais mariée depuis sept ans à Zhu Mingxuan.

Et ce jour-là, nous assistions au mariage de son jeune frère, Zhu Minghui.

La réception se déroulait dans un hôtel luxueux.

Tout avait été organisé pour impressionner les invités.

Les grandes tables étaient couvertes de fleurs.

Des lustres descendaient du plafond.

Des photographes circulaient entre les familles.

Les serveurs passaient avec des plateaux parfaitement alignés.

Je me souvenais avoir trouvé cette réception étonnamment coûteuse.

Six mois plus tôt, Minghui demandait encore de l'argent à son frère pour acheter un appartement.

Il expliquait qu'il traversait une période difficile.

Il disait qu'il avait besoin d'un peu de soutien.

Aujourd'hui, il célébrait son mariage devant des invités venus de plusieurs régions de Chine.

Il avait choisi des fleurs importées.

Une salle immense.

Une réception dont le prix devait dépasser ce que je l'avais cru capable de payer.

J'avais remarqué tout cela.

Mais je n'avais rien dit.

Je ne voulais pas être cette belle-sœur qui critiquait les dépenses des autres.

Je voulais simplement passer une soirée agréable.

Féliciter les mariés.

Rentrer chez moi avec mon mari.

C'était tout.

Puis j'avais aperçu Lin Wanru.

La mariée avançait lentement entre les invités.

Sa robe blanche était couverte de petites broderies délicates.

Elle souriait chaque fois qu'un appareil photo se tournait vers elle.

Elle semblait heureuse.

Et au milieu de sa poitrine, quelque chose brillait.

Un pendentif en diamants.

Je l'avais reconnu avant même de comprendre ce que je regardais.

Mon cœur s'était mis à battre plus vite.

J'avais cligné des yeux.

Une fois.

Puis une seconde.

Je m'étais dit que je devais me tromper.

Les bijoux pouvaient se ressembler.

Les pierres aussi.

Ce n'était peut-être qu'un modèle semblable au mien.

Mais je connaissais ce collier.

Je connaissais la forme du pendentif.

Je connaissais la disposition des diamants.

Je connaissais jusqu'à la façon dont il reposait sur la peau.

C'était le cadeau que ma mère m'avait offert pour mes trente ans.

Elle l'avait acheté aux enchères à Hong Kong.

Je me souvenais parfaitement du moment où elle me l'avait remis.

Le collier se trouvait dans un coffret bleu.

Ma mère avait insisté pour que je l'ouvre devant elle.

Elle avait souri en voyant mon expression.

Ce cadeau avait une valeur particulière pour moi.

Pas seulement à cause de son prix.

Ma mère avait pris le temps de le choisir.

Elle avait voulu que je possède quelque chose qui resterait à moi.

Au dos du pendentif, elle avait fait graver trois lettres.

GMJ.

Mes initiales.

Gao Mengjie.

Personne d'autre ne devait porter ce bijou.

Et surtout, il n'aurait pas dû se trouver dans cette salle.

Je l'avais rangé dans le coffre-fort de notre chambre.

Je ne le sortais que pour certaines occasions.

La dernière fois que je l'avais vu, il reposait encore dans son écrin.

Je m'étais approchée de Wanru sans vraiment y réfléchir.

Elle avait remarqué mon regard.

Elle avait baissé les yeux vers le collier.

Puis elle avait souri.

« Tu le trouves joli, Mengjie ? »

J'avais essayé de répondre.

Aucun son n'était sorti.

Elle avait effleuré le pendentif du bout des doigts.

« Minghui me l'a donné. Je crois qu'il a vraiment voulu me faire plaisir. »

Je regardais toujours le collier.

Wanru avait ajouté qu'il s'agissait apparemment d'un bijou rare.

Elle semblait fière.

Je ne savais pas encore si elle connaissait son origine.

Cette question me traversait l'esprit.

Une autre la suivait immédiatement.

Comment Minghui avait-il pu entrer en possession de mon collier ?

J'avais senti mes mains devenir froides.

Je voulais retourner le pendentif.

Voir les trois lettres.

En finir avec ce doute.

Mais je ne pouvais pas saisir le collier d'une femme devant tous les invités.

J'avais donc reculé.

Wanru avait repris sa conversation avec les photographes.

Elle n'avait pas semblé remarquer mon trouble.

À cet instant, Mingxuan était arrivé près de moi.

Il avait posé sa main sur mon bras.

Son geste était ferme.

« Qu'est-ce que tu as encore, Mengjie ? »

Je l'avais regardé.

Il semblait agacé.

Pas inquiet.

Agacé.

« Tu pourrais faire un effort. C'est le mariage de mon frère. »

J'avais lentement tourné la tête vers lui.

« Mingxuan, d'où vient le collier de Wanru ? »

Il avait regardé dans la direction de la mariée.

Puis il avait détourné les yeux.

Ce petit mouvement m'était resté en mémoire.

Sur le moment, je n'avais pas voulu lui donner trop d'importance.

« Pourquoi tu me demandes ça ? »

« Parce que je veux savoir qui l'a acheté. »

Il avait haussé les épaules.

« Minghui a dû mettre de l'argent de côté. »

J'avais attendu qu'il ajoute quelque chose.

Il n'avait rien ajouté.

« Il économisait pour un collier pareil alors qu'il nous demandait de l'aide pour son appartement ? »

Mingxuan avait soupiré.

« Tu vas vraiment commencer à compter ce que dépense mon frère ? »

J'avais senti la colère monter.

Mais je n'avais pas encore élevé la voix.

« Je te pose une question simple. »

« Et moi, je te demande de ne pas gâcher la journée. »

Il avait regardé autour de nous.

Je connaissais cette façon de faire.

Quand une conversation lui déplaisait, il se préoccupait soudain de ce que les autres pouvaient entendre.

Il ne cherchait pas toujours à répondre.

Il cherchait à me faire arrêter.

Pendant sept ans, j'avais souvent accepté.

Parfois parce que j'étais fatiguée.

Parfois pour éviter une dispute.

Parfois parce que je pensais que ce n'était pas important.

Ce jour-là, c'était important.

Je m'étais dégagée doucement de sa main.

« Je vais prendre un peu l'air. »

Il n'avait pas essayé de me retenir.

Je m'étais éloignée vers un endroit plus calme de l'hôtel.

Mes pensées revenaient sans cesse au coffret bleu.

Je revoyais la porte du coffre.

Le rangement de notre chambre.

Les bijoux que j'avais placés soigneusement à l'intérieur.

Je ne partageais pas ce coffre avec toute la famille.

Il se trouvait chez moi.

Dans mon espace personnel.

Et malgré cela, mon collier semblait être arrivé au mariage de mon beau-frère.

J'avais sorti mon téléphone.

J'avais cherché le numéro de tante Zhang.

Elle travaillait chez nous depuis longtemps.

Je lui faisais confiance.

Elle connaissait mes habitudes et prenait soin de la maison lorsque je m'absentais.

Quand elle avait répondu, j'avais tenté de parler normalement.

« Tante Zhang, est-ce que vous êtes à la maison ? »

« Oui, madame Gao. Vous avez besoin de quelque chose ? »

J'avais regardé les portes de la salle de réception.

La musique arrivait jusqu'à moi.

« Pouvez-vous aller dans ma chambre ? »

Elle m'avait demandé ce qu'elle devait chercher.

« Dans le coffre, il y a un petit coffret bleu. Je voudrais savoir si le collier est encore dedans. »

Un silence avait suivi.

« Vous voulez que je vérifie maintenant ? »

« Oui. S'il vous plaît. »

Je lui avais donné les indications nécessaires.

Puis j'avais raccroché.

Je ne pouvais plus faire grand-chose.

Seulement attendre sa réponse.

Autour de moi, les invités continuaient à rire.

J'entendais des voix.

Des verres qui s'entrechoquaient.

Des pas sur le sol brillant.

Personne ne savait ce que je venais de découvrir.

Je me souvenais avoir regardé plusieurs fois mon téléphone.

J'avais même essayé de me convaincre que tante Zhang allait me rappeler pour dire que le collier était bien là.

Alors j'aurais présenté mes excuses à Mingxuan.

J'aurais reconnu mon erreur.

J'aurais félicité Wanru pour son beau bijou.

Je voulais presque que ce soit le cas.

Je voulais avoir tort.

Quelques minutes plus tard, mon téléphone avait vibré.

J'avais répondu immédiatement.

« Tante Zhang ? »

Elle avait hésité.

Je l'avais entendue respirer avant de parler.

« Madame Gao, j'ai trouvé le coffret. »

J'avais serré le téléphone.

« Et le collier ? »

Sa réponse avait été très basse.

« Il n'est plus dedans. »

Je m'étais appuyée contre le mur.

« Vous êtes sûre ? »

« Oui, madame. J'ai regardé. Le coffret est vide. »

Je n'avais rien répondu pendant plusieurs secondes.

Le bruit de la fête semblait maintenant très éloigné.

Il ne s'agissait plus d'une simple ressemblance.

Mon collier avait disparu.

Et la mariée portait celui que je reconnaissais.

Je savais ce que cela signifiait probablement.

Mais une partie de moi refusait encore d'y croire.

J'avais remercié tante Zhang.

Je lui avais demandé de ne rien déplacer.

Puis j'avais terminé l'appel.

Je suis restée seule un moment.

Les mains serrées autour de mon téléphone.

Je pensais à ma mère.

Au soin qu'elle avait mis dans ce cadeau.

À la confiance que j'avais accordée à mon mari.

Et surtout à la question qu'il avait évitée.

Je n'avais pas besoin de faire une scène.

Je voulais une explication.

Une vraie.

Je suis donc retournée dans la salle.

Mingxuan discutait avec plusieurs invités.

Minghui riait près de la table des mariés.

Wanru posait pour une nouvelle photographie.

Le pendentif brillait toujours contre sa robe blanche.

Je l'ai regardé une dernière fois.

Puis j'ai compris que je ne pourrais pas faire semblant de ne rien avoir vu.


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