PARTIE 8 – Pendant que mon père reprenait lentement connaissance, l’audit révélait des signatures volées et le nom de l’homme qui avait aidé mon mari

Mon père avait repris connaissance le lendemain.

Quand on me l'avait annoncé, j'avais senti mes jambes devenir faibles.

J'avais passé la nuit à redouter une mauvaise nouvelle.

Je pensais sans cesse aux messages anonymes.

À la conversation enregistrée.

Aux résultats médicaux qui nécessitaient encore des vérifications.

Je n'avais presque pas dormi.

Mais ce matin-là, je pouvais enfin entrer dans sa chambre en sachant qu'il était réveillé.

Je m'étais approchée de son lit.

Il avait tourné légèrement la tête.

Ses yeux s'étaient posés sur moi.

Je me souviens de ce regard.

Il semblait fatigué.

Mais il m'avait reconnue immédiatement.

J'avais voulu sourire.

Mes lèvres tremblaient.

« Papa, je suis là. »

Il avait essayé de bouger la main.

Je l'avais prise doucement.

Ses doigts avaient serré les miens.

Je ne m'attendais pas à sentir autant de force dans ce geste.

Pendant un instant, je n'avais plus pensé à rien d'autre.

Ni aux bijoux.

Ni à Wanru.

Ni au projet Lan Hai.

Mon père était vivant.

Il me tenait la main.

Et cela suffisait à me faire pleurer.

Il avait parlé d'une voix faible.

Il regrettait de ne pas avoir compris plus tôt combien je souffrais.

J'avais secoué la tête.

Je ne voulais pas qu'il se sente responsable.

Il avait déjà assez de difficultés à récupérer.

Je ne voulais pas ajouter la culpabilité à son état.

« Papa, tu n'as rien fait de mal. »

Il m'avait regardée.

Je savais qu'il voulait comprendre.

Qu'il se demandait probablement depuis combien de temps les choses allaient mal.

Mais je ne voulais pas le fatiguer avec les détails de l'enquête.

Je lui avais simplement dit que j'avais cru en mon mariage.

Que j'avais aimé Mingxuan.

Que nos premières années avaient réellement compté pour moi.

Je pensais à notre petit appartement d'autrefois.

Aux repas improvisés.

Aux documents professionnels étalés devant nous.

Aux nuits pendant lesquelles je relisais ses devis.

À cette époque, je n'avais pas l'impression de me sacrifier.

Je pensais participer à quelque chose qui nous appartenait.

Je voulais que mon père le sache.

Je ne voulais pas qu'il imagine que mes sept années de mariage n'avaient été qu'une longue période de malheur.

« Au début, j'étais heureuse », lui avais-je dit.

Ma voix s'était brisée.

« Je l'étais vraiment. »

Il avait serré ma main un peu plus fort.

Puis il m'avait répondu que les mauvaises actions de Mingxuan ne devaient pas effacer tout ce que j'avais donné de bon cœur.

J'avais baissé les yeux.

Ces mots m'avaient bouleversée.

Depuis la découverte du collier, je repensais à chacune de mes décisions.

J'avais renoncé à ma formation.

J'avais investi mes économies.

J'avais travaillé gratuitement pour aider l'entreprise de mon mari.

Je m'étais demandé si j'avais été naïve.

Si j'avais été aveugle.

Si mes efforts avaient simplement facilité sa trahison.

Mon père ne me demandait pas de nier mes erreurs.

Il me rappelait seulement que ma sincérité n'était pas devenue honteuse parce que Mingxuan en avait abusé.

Je n'avais pas su quoi répondre.

Je m'étais contentée de rester auprès de lui.

Plus tard, ma mère était entrée dans la chambre.

Elle avait regardé nos mains.

Puis elle avait souri faiblement.

C'était la première fois depuis l'hospitalisation que je voyais son visage se détendre un peu.

Je savais que nous avions encore beaucoup d'inquiétudes.

Les médecins devaient poursuivre leurs examens.

Mon père devait récupérer.

Les menaces n'étaient pas expliquées.

Mais nous étions ensemble.

Je m'étais accrochée à cette certitude.

Dans les jours qui avaient suivi, j'avais continué à travailler avec Chen Zhengyi.

Je n'avais plus répondu directement aux appels de Mingxuan.

Les informations concernant notre séparation et les questions financières passaient désormais par les démarches appropriées.

Je voulais éviter les disputes où il pouvait me faire douter de ce que j'avais vu.

Je ne cherchais pas à le provoquer.

Je voulais que les faits soient examinés.

L'audit financier avait commencé à produire des résultats.

Au départ, je pensais surtout aux transferts vers Wanru.

Aux sommes que Mingxuan avait prises dans notre compte commun.

Aux cent mille yuans disparus du coffre.

Je savais que ces questions étaient importantes.

Mais je n'avais pas imaginé que l'audit révélerait des opérations beaucoup plus graves.

Un jour, on m'avait présenté plusieurs documents portant ma signature électronique.

Je les avais regardés attentivement.

Les opérations semblaient avoir été autorisées en mon nom.

Des fonds avaient quitté mon entreprise.

Les documents donnaient l'impression que j'avais accepté ces mouvements.

Je connaissais pourtant mes propres décisions.

Je savais quels paiements j'avais validés.

Et je n'avais jamais autorisé ceux-là.

J'avais regardé les dates.

Les montants.

Les références.

Puis j'avais relevé les yeux.

« Je n'ai pas signé ces instructions. »

Les personnes chargées de l'audit m'avaient demandé de vérifier chaque document.

Je l'avais fait.

Lentement.

Je ne voulais pas me tromper.

Certains fichiers reprenaient mon identité professionnelle.

D'autres utilisaient des signatures électroniques associées à mon nom.

Mais je n'avais donné aucun accord pour détourner ces fonds.

J'avais senti une colère froide monter.

Mingxuan n'avait pas seulement pris mes biens personnels.

Les premières constatations faisaient apparaître une utilisation non autorisée de mon identité dans des opérations professionnelles.

C'était une différence immense.

Je pensais à mes collègues.

Aux contrats.

Aux personnes qui dépendaient de la bonne gestion de notre activité.

Une entreprise ne reposait pas uniquement sur une seule personne.

Derrière chaque paiement, il y avait des engagements.

Des salariés.

Des fournisseurs.

Des clients.

J'avais toujours pris ces responsabilités au sérieux.

Et quelqu'un avait utilisé mon nom pour donner une apparence régulière à des opérations que je n'avais pas approuvées.

Je ne pouvais pas accepter cela.

L'audit avait ensuite révélé un dossier de crédit.

Je m'en souvenais parfaitement.

Il avait été placé devant moi avec plusieurs autres pièces.

Au début, j'avais cru qu'il concernait un financement professionnel ordinaire.

Puis j'avais vu notre appartement.

Il apparaissait dans les documents comme un bien donné en garantie.

J'avais relu la page.

J'avais regardé la signature.

Elle ressemblait à la mienne.

Mais je savais que je n'avais jamais accepté une telle opération.

Je n'avais pas autorisé l'utilisation de notre appartement comme garantie pour ce crédit.

La signature présentée imitait la mienne.

J'avais senti mes mains trembler.

Notre appartement.

L'endroit où nous vivions.

Le logement que nous avions construit notre vie autour.

Mingxuan avait déjà menacé de me faire perdre des biens si je divorçais.

Et maintenant, je découvrais qu'un dossier de crédit avait été constitué avec une fausse signature mettant notre appartement en jeu.

Je m'étais souvenue de ses paroles après la photographie du café.

Il avait évoqué les crédits.

Les parts de l'entreprise.

L'appartement.

Sur le moment, j'avais pensé qu'il voulait simplement m'effrayer avec les complications d'un divorce.

Je comprenais maintenant pourquoi ces mots avaient mérité toute mon attention.

Il connaissait peut-être des engagements financiers dont j'ignorais encore l'existence.

Je ne pouvais pas affirmer ce qu'il avait précisément prévu.

Mais les documents montraient que mes biens et mon identité avaient été utilisés sans mon accord.

J'avais demandé que toutes les pièces soient conservées.

Je voulais que Chen Zhengyi puisse les examiner.

Je voulais aussi que les autorités disposent des éléments nécessaires.

Je n'allais pas laisser ces signatures frauduleuses devenir une dette que je devrais accepter en silence.

Puis nous avions commencé à suivre la destination des fonds.

Les mouvements ne s'arrêtaient pas aux premières opérations.

Ils conduisaient vers des comptes liés à Zhao Hui.

En découvrant son nom, j'avais senti mon estomac se contracter.

Zhao Hui.

L'ancien camarade de Mingxuan.

L'homme associé à une activité concurrente.

Le nom que mon mari avait prononcé devant Wanru dans notre salon.

Je me souvenais parfaitement de cette conversation.

Mingxuan avait expliqué que Zhao Hui les avait aidés à déplacer l'argent.

À ce moment-là, je n'avais pas compris l'ensemble de ce qu'il voulait dire.

Je savais seulement qu'il parlait de mouvements financiers inquiétants.

Maintenant, l'audit donnait un contenu concret à ces paroles.

Des fonds avaient été détournés.

Des documents avaient été établis sans mon accord.

Et les sommes aboutissaient chez Zhao Hui.

Je ne voulais pas tirer des conclusions plus larges que ce que les pièces permettaient.

Mais la direction prise par l'enquête devenait claire.

Il ne s'agissait plus simplement d'un mari infidèle qui avait utilisé les bijoux de sa femme pour financer une fête.

Nous examinions des opérations organisées.

Des accès.

Des documents.

Des transferts.

Des signatures.

Je repensais au projet Lan Hai.

Aux chiffres retrouvés chez nos concurrents.

À la vidéo montrant Mingxuan dans mon bureau pendant mon déplacement à Shanghai.

Je ne savais pas encore si chaque opération faisait partie d'un seul plan.

Mais je comprenais pourquoi il fallait examiner l'ensemble.

Le vol du collier avait été le premier signe visible.

Celui que j'avais reconnu immédiatement.

Le reste avait été beaucoup mieux dissimulé.

Je m'étais souvent demandé ce qui se serait passé si je n'avais pas assisté au mariage.

Si Wanru avait porté un autre bijou.

Si je n'avais pas demandé à tante Zhang de vérifier le coffret bleu.

Je ne connaissais pas la réponse.

Je savais seulement que j'aurais peut-être continué à faire confiance à Mingxuan plus longtemps.

Cette idée me faisait peur.

Parce que je pensais à tout ce qu'il aurait encore pu faire avec mes accès et mes signatures.

L'enquête financière avançait.

Et une autre personne allait devenir importante.

Madame Liu.

Elle travaillait dans les finances.

Elle connaissait certains documents liés aux opérations examinées.

À ce moment-là, je ne savais pas encore tout ce qu'elle avait conservé.

Je savais seulement que les vérifications commençaient à faire apparaître des éléments que Mingxuan n'avait jamais voulu me montrer.

Un soir, mon téléphone avait sonné.

Le numéro était inconnu.

J'avais hésité avant de répondre.

Depuis les menaces contre mon père, chaque appel inattendu me rendait prudente.

J'avais finalement décroché.

Une voix de femme s'était fait entendre.

Elle parlait doucement.

« Madame Gao ? »

J'avais reconnu sa voix après quelques secondes.

« Madame Liu ? »

Elle semblait nerveuse.

Je lui avais demandé si elle allait bien.

Elle avait répondu qu'elle ne se sentait plus en sécurité.

Elle savait que certaines personnes avaient appris qu'elle avait parlé au service informatique.

Elle craignait maintenant de rentrer chez elle.

J'avais écouté sans l'interrompre.

Je savais ce que signifiait avoir peur de personnes que l'on connaissait.

Je savais aussi qu'il serait dangereux de lui demander de prendre des risques inutiles.

Je lui avais dit que nous devions contacter Chen Zhengyi.

Elle avait accepté.

Puis elle m'avait expliqué qu'elle avait gardé des copies de certaines instructions de paiement.

Je m'étais redressée.

Ces documents pouvaient aider à comprendre qui avait ordonné les transferts.

Elle ne voulait plus garder ces informations seule.

Je lui avais demandé de ne pas se mettre en danger pour me les remettre personnellement.

Je voulais qu'elle puisse témoigner dans de bonnes conditions.

Avec l'aide de Chen Zhengyi, les éléments nécessaires avaient été communiqués à la police.

Des mesures avaient également été prises pour protéger Madame Liu pendant qu'elle acceptait de déposer.

Je ne savais pas exactement ce qu'elle allait raconter.

Mais je savais que son témoignage pouvait confirmer des choses que les documents ne montraient pas entièrement.

Les instructions écrites révélaient les opérations.

Les enregistrements montraient certains déplacements.

Les mouvements de comptes indiquaient où l'argent était allé.

Il restait à comprendre qui avait donné les ordres.

Et qui se trouvait présent lorsque ces décisions avaient été prises.

Quand j'avais appris les premiers éléments de sa déposition, je m'étais arrêtée de lire.

Madame Liu avait indiqué que les instructions venaient de Zhu Mingxuan.

Mon mari.

Je n'avais pas été surprise.

Plus maintenant.

Mais elle avait également mentionné une autre personne.

Elle avait affirmé que Zhu Minghui était présent.

Le jeune frère de mon mari.

L'homme qui avait reçu mon enveloppe de mariage avant que je la reprenne.

L'homme qui disait manquer d'argent quelques mois plus tôt.

L'homme dont l'épouse avait porté mon collier.

J'avais relu son nom.

Zhu Minghui.

Je m'étais souvenue de son visage sur l'estrade.

De sa pâleur lorsque j'avais parlé des initiales gravées.

De son silence quand je lui avais demandé s'il savait d'où venait le bijou.

À l'époque, je pensais qu'il cherchait peut-être seulement à protéger son frère.

Maintenant, un témoignage le plaçait dans les discussions concernant des mouvements financiers frauduleux.

Je n'avais pas encore toutes les réponses.

Je ne savais pas quelle avait été sa participation exacte.

C'était aux enquêteurs de l'établir.

Mais je comprenais que Minghui n'était peut-être pas simplement le bénéficiaire innocent des cadeaux de mon mari.

Je m'étais assise avec les documents devant moi.

Je pensais au mariage.

À la robe blanche de Wanru.

Au pendentif.

À l'enveloppe contenant 8 888 yuans.

Je croyais avoir surpris une injustice familiale pendant une réception.

Je découvrais maintenant que cette réception avait placé devant moi plusieurs personnes liées à une affaire beaucoup plus grave.

Mingxuan.

Wanru.

Minghui.

Et, derrière les mouvements d'argent, Zhao Hui.

Je n'avais aucune envie de célébrer cette découverte.

Je ne ressentais pas de victoire.

Je ressentais surtout une grande tristesse.

Pendant sept ans, j'avais considéré la famille Zhu comme la mienne.

J'avais aidé Minghui lorsque je le pouvais.

J'avais respecté mes beaux-parents.

J'avais essayé de construire une vie où chacun pouvait trouver sa place.

Et maintenant, je devais accepter qu'au moins deux membres de cette famille apparaissaient dans les éléments de l'enquête.

Je n'allais pas les protéger au détriment de la vérité.

Mais je ne voulais pas non plus condamner quelqu'un sur la seule force de ma colère.

J'avais remis les pièces à Chen Zhengyi.

Je lui avais demandé que chaque responsabilité soit examinée séparément.

Il avait accepté.

Puis j'étais retournée voir mon père.

Il récupérait lentement.

Ma mère était près de lui.

Je les avais regardés quelques instants avant d'entrer.

Je savais que les semaines suivantes seraient difficiles.

L'enquête n'était pas terminée.

Les sommes n'étaient pas récupérées.

Mon mariage n'était pas encore officiellement dissous.

Et nous attendions toujours que toute la lumière soit faite sur ce qui avait provoqué la crise de mon père.

Mais je n'étais plus seule à essayer de comprendre.

Les documents existaient.

Les témoignages commençaient à se rejoindre.

Et je pouvais enfin avancer sans me demander si j'avais le droit de poser des questions.


Cliquez ici pour continuer la lecture : PARTIE 9 : Quand les enquêteurs ont découvert pourquoi mon beau-frère avait épousé la maîtresse de mon mari, j’ai compris que leur mariage cachait un arrangement

Story Parts

Je pensais assister à un mariage ordinaire jusqu’au moment où j’ai reconnu autour du cou de la mariée le cadeau de ma mère

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