PART 7 – La récupération des affaires de Brooke révéla une caméra cachée, et soudain plusieurs conversations privées cessèrent d’être des souvenirs isolés

Trois jours après l’audience, la police autorisa la récupération de quelques effets personnels de Brooke.

Elle refusa d’y aller.

Je ne discutai pas.

Deux agents accompagneraient Diane jusqu’à la maison pour prendre les vêtements, les livres scolaires, l’ordinateur de Brooke et quelques objets personnels clairement identifiables. Marcus avait reçu l’ordre de ne pas être présent pendant cette période.

« Je ne veux pas qu’elle prenne ma boîte bleue », dit Brooke.

Nous étions à la table de la cuisine, une liste devant nous.

« Quelle boîte ? »

« Celle dans le placard de ma chambre. »

« Pourquoi ? »

Elle hésita.

« Il y a des lettres. Des trucs privés. »

« Alors tu veux qu’on la laisse là-bas ? »

« Oui. »

Elle resta silencieuse quelques secondes.

« Non. »

Je levai les yeux.

« Tu as changé d’avis ? »

« Si Marcus revient, il la trouvera. »

« Il sait qu’elle existe ? »

« Je ne crois pas. »

« Qu’est-ce qu’il y a dedans ? »

Elle me regarda avec une méfiance douloureuse.

« Tu as besoin de savoir ? »

Je répondis immédiatement.

« Non. Pas si tu ne veux pas me le dire. »

Elle hocha lentement la tête.

« Alors je veux juste qu’elle soit récupérée fermée. Personne ne l’ouvre. »

Je l’ajoutai à la liste.

Diane arriva à la maison de mon côté avant de partir avec les agents.

C’était la première fois que Brooke et elle se trouvaient sous le même toit depuis l’hôpital.

La rencontre avait été organisée avec Renata.

Brooke avait demandé qu’elle dure seulement dix minutes.

Diane entra dans le salon, s’arrêta près de la porte et attendit.

Elle ne tenta pas de l’embrasser.

Je lui en fus reconnaissante.

Brooke était assise sur le canapé.

« Salut », dit Diane.

« Salut. »

Les deux voix tremblaient légèrement.

Renata resta près de la fenêtre.

Je me tenais plus loin, assez proche pour intervenir, assez loin pour ne pas devenir la troisième personne de la conversation.

Diane parla la première.

« Je vais chercher tes affaires avec la police. J’ai la liste. »

Brooke acquiesça.

« Ne prends pas mes photos avec Marcus. »

Diane baissa les yeux.

« D’accord. »

« Et la boîte bleue, tu ne l’ouvres pas. »

« Je ne l’ouvrirai pas. »

Silence.

Puis Brooke demanda :

« Pourquoi tu n’as pas envoyé le message à Mamie ? »

Diane ferma les yeux un instant.

« Parce que Marcus a vu que j’écrivais. »

« Comment ? »

« Il avait connecté mon compte à sa tablette. Je ne le savais pas au début. Il voyait mes messages, mes photos, parfois mes notes. »

Brooke regarda Renata, puis moi.

« Il pouvait voir mes trucs aussi ? »

Diane hésita.

« Je ne sais pas. »

« Tu savais qu’il regardait ton téléphone. Pourquoi tu ne m’as rien dit ? »

« Parce que j’avais peur que si tu changeais tes mots de passe, il comprenne que je t’avais prévenue. »

Brooke serra les lèvres.

« Donc tu n’as rien fait. »

Diane encaissa.

« Oui. Trop souvent, je n’ai rien fait. »

Cette réponse sembla déstabiliser Brooke davantage qu’une excuse.

Diane continua.

« Je ne veux pas que tu me pardonnes maintenant. Je voulais seulement que tu saches que je vais dire tout ce que je sais. Même ce qui me fait honte. »

Brooke la regarda longtemps.

« Bien. »

Ce fut tout.

Après le départ de Diane, Brooke resta près de la fenêtre jusqu’à ce que les voitures disparaissent.

« Ça s’est mieux passé que je pensais », dit Renata.

Brooke répondit : « Ça ne veut pas dire que ça s’est bien passé. »

Renata acquiesça.

« Tu as raison. »

Trois heures plus tard, mon téléphone sonna.

C’était Diane.

Sa respiration était rapide.

« Maman, les policiers veulent que tu viennes. »

« Pourquoi ? »

« Ils ont trouvé quelque chose dans la maison. »

« Quoi ? »

« Je préfère qu’ils te l’expliquent. »

Je regardai Brooke.

Elle avait entendu suffisamment pour se lever.

« Qu’est-ce qu’ils ont trouvé ? »

Je dis à Diane : « Donne-moi un agent. »

Une voix masculine prit le téléphone.

« Madame Callaway, ici l’agent Barnes. Pendant que nous récupérions les affaires de Brooke, Madame Webb nous a signalé un dispositif qu’elle ne reconnaissait pas dans le couloir près des chambres. Nous avons trouvé plusieurs appareils similaires. »

« Des appareils de quel type ? »

« Caméras miniatures. »

Je regardai Brooke.

Elle pâlit immédiatement.

« Où ? »

« Une dans le détecteur de fumée du couloir. Une autre dans le salon. Une troisième semble orientée vers l’entrée arrière. Nous avons interrompu la récupération et demandé un mandat complémentaire avant de poursuivre la fouille. »

Je sentis le froid envahir ma nuque.

« Dans la chambre de Brooke ? »

« Nous n’avons pas encore fouillé l’intérieur de la chambre au-delà de la récupération autorisée. Nous attendons le mandat. »

Brooke murmura :

« Il nous regardait. »

Je posai une main sur son épaule.

« On ne sait pas encore ce que les appareils enregistraient. »

Elle se détourna.

« Il savait toujours quand je parlais à maman. Même quand il était au travail. »

La phrase prit une nouvelle signification.

Je demandai à l’agent : « Est-ce que vous avez trouvé un système d’enregistrement ? »

« Pas encore. Mais certaines caméras transmettent par Wi-Fi. Nous faisons venir quelqu’un de l’unité numérique. »

Après l’appel, Brooke marcha jusqu’au fond de la cuisine et revint.

« Je me changeais dans ma chambre. »

« Ils n’ont pas trouvé de caméra dans ta chambre. »

« Pas encore. »

Je ne pouvais pas lui promettre le contraire.

Elle commença à trembler.

Renata, que j’avais rappelée, arriva moins d’une heure plus tard.

Elle expliqua doucement à Brooke qu’une découverte de surveillance changeait la manière dont les enquêteurs examineraient les communications, les appareils et la maison.

« Est-ce que ça veut dire qu’il a des vidéos de moi ? » demanda Brooke.

« Nous ne savons pas. »

« Tout le monde dit ça. »

« Parce que c’est vrai. »

Brooke se leva brutalement.

« Je déteste ne pas savoir. »

Renata ne tenta pas de la calmer avec des phrases vides.

« Je comprends. »

« Non. »

« Tu as raison. Je ne peux pas savoir exactement ce que ça fait. »

Brooke s’arrêta.

Puis elle s’assit de nouveau.

Le lendemain, l’unité numérique confirma que les caméras du couloir et du salon transmettaient vers un compte en ligne.

Le compte était au nom de Marcus.

Plus grave encore, les enquêteurs retrouvèrent un historique de connexions depuis son téléphone professionnel pendant les heures où il prétendait être absent.

La troisième caméra n’avait pas seulement surveillé l’entrée arrière.

Elle avait capté une partie de la cuisine.

L’endroit exact où Brooke avait décrit la dispute ayant conduit à sa fracture récente.

Frances m’appela immédiatement.

« S’il existe un enregistrement de cette nuit-là, cela peut changer énormément de choses. »

« Ils l’ont trouvé ? »

« Pas encore. Le compte contient des sauvegardes partielles. Certaines ont été supprimées récemment. Ils tentent de les récupérer. »

« Quand ont-elles été supprimées ? »

« Le matin de l’hôpital. »

Je fermai les yeux.

« Par qui ? »

« L’accès vient du téléphone de Marcus. »

Ce soir-là, Brooke apprit la nouvelle.

Elle resta silencieuse très longtemps.

Puis elle demanda :

« Donc il avait peut-être filmé ce qu’il m’a fait. »

« Peut-être. »

« Et après il l’a supprimé. »

« C’est ce que les enquêteurs vérifient. »

Elle passa sa main valide dans ses cheveux.

« Il disait toujours que personne ne me croirait. »

Je ne répondis pas.

« Mais lui, il gardait des preuves. »

Sa voix avait changé.

Il n’y avait plus seulement de peur.

Il y avait une forme de colère lucide.

« Il voulait savoir ce qu’on disait sur lui », poursuivit-elle. « C’est pour ça qu’il filmait. Il pensait que ça le protégeait. »

« Peut-être. »

« Et maintenant ça peut le piéger. »

Je la regardai.

« Oui. »

Deux jours plus tard, les enquêteurs récupérèrent une vidéo fragmentaire.

Elle ne montrait pas la blessure complète.

La caméra de la cuisine était placée trop haut et trop loin.

Mais elle enregistrait le son.

On entendait Brooke dire : « Lâche-moi. »

On entendait Marcus répondre : « Arrête de tirer. »

Puis un bruit sec.

Un cri.

Ensuite la voix de Diane :

« Mon Dieu, Marcus, qu’est-ce que tu as fait ? »

Le reste était presque silencieux pendant plusieurs secondes.

Puis Marcus :

« Elle dira qu’elle est tombée. »

Quand Frances m’envoya la transcription officielle, je dus poser mon téléphone.

Brooke ne voulut pas écouter l’enregistrement.

Je soutins cette décision.

Elle lut uniquement les trois lignes essentielles.

Puis elle plia la feuille.

« Je savais ce qui s’était passé », dit-elle.

« Oui. »

« Mais je crois que j’avais encore une partie de moi qui se demandait si j’avais provoqué quelque chose. »

Je m’approchai.

« Et maintenant ? »

« Maintenant j’entends sa voix dire quoi raconter avant même d’aller à l’hôpital. »

Elle releva les yeux.

« Il savait que c’était lui. »

Je hochai la tête.

Le soir même, Diane demanda à Renata si elle pouvait envoyer un court message à Brooke.

Brooke accepta de le recevoir, à condition de ne pas être obligée de répondre.

Le message disait :

J’ai entendu la transcription. J’aurais dû te défendre cette nuit-là et toutes les fois avant. Je ne vais pas te demander de me rassurer. Je suis désolée.

Brooke le lut deux fois.

Puis posa le téléphone.

« Elle apprend », dit-elle.

Je ne savais pas si elle parlait de sa mère ou d’elle-même.

Peut-être des deux.

Le lendemain matin, un autre élément apparut.

Dans la chambre de Brooke, derrière une étagère, les policiers trouvèrent un petit appareil.

Pas une caméra.

Un microphone relié au même réseau.

Brooke resta immobile lorsque Renata le lui annonça.

« Donc même quand il ne pouvait pas voir… »

« Il pouvait peut-être entendre », répondit Renata.

Brooke se leva.

Son visage était blanc.

« La boîte bleue. »

Je compris immédiatement.

« Quoi ? »

« J’écrivais des choses dedans. Parfois je lisais mes lettres à voix haute avant de les ranger. »

Elle me regarda avec une peur nouvelle.

« Il savait peut-être tout ce que je pensais. »

Je pris son téléphone.

« Renata, la boîte a-t-elle été récupérée ? »

Silence à l’autre bout.

Puis :

« Pas encore. La chambre a été sécurisée avant que Diane atteigne le placard. »

Brooke inspira brutalement.

« Alors elle est toujours là. »

Et pour la première fois depuis le début, ce n’était pas seulement Marcus qui pouvait connaître ce que contenait cette boîte.

La police allait désormais devoir l’ouvrir.


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Story Parts

À 3 h 17, Brooke utilisa le numéro secret que je lui avais donné huit mois plus tôt sans jamais expliquer pourquoi

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